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Communiqué du Conseil départemental du Nord de l'Ordre des médecins

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Le Conseil départemental du Nord de l’Ordre des médecins tient à prendre position dans le débat actuel qui agite notre profession.

Le constat est édifiant. L’absence de préparation de notre pays pour affronter une crise sanitaire telle que celle de la Covid 19, ainsi que le manque d’anticipation des changements sociétaux sont notamment à l’origine du marasme de notre système de santé.

Ce n’est pas qu’une crise démographique, engendrée par la mise en place de façon arbitraire du numérus clausus, et la fin de celui-ci, remplacé subrepticement par un numérus apertus peu efficace en raison des capacités limitées de formation de nos facultés de médecine. Ce malaise profond touche tous les types d’exercice de la médecine, libéral comme hospitalier.

D’ailleurs, la migration d’infirmières diplômées d’état ou de sage-femmes des établissements publics ou privés vers un eldorado libéral, entraine la fermeture de lits d’hospitalisation ainsi que des reports d’interventions chirurgicales, mettant en difficulté les praticiens dans la prise en charge de leurs patients.

Il faut oublier cet adage qui voudrait que nos jeunes doivent rembourser à l’Etat leurs études ! Ce sont les étudiants en médecine qui contribuent largement au fonctionnement des hôpitaux français et les mouvements de grève en cours démontrent bien qu’ils n’y sont pas seulement pour apprendre mais surtout pour soigner.

Le problème principal est l’attractivité du métier ! Nombre de jeunes ne s’installent pas car le modèle qu’on leur propose ne leur convient pas avec des conditions d’exercice difficilement supportables et des tâches administratives de plus en plus prégnantes au détriment du temps de soin. Ils ne veulent pas devoir multiplier les heures de travail et faire la course aux actes pour compenser des rémunérations indécentes parmi les plus faibles en Europe ou se voir relégués à organiser la prise en charge de leurs patients par des paramédicaux, déjà en difficultés, tout en endossant la responsabilité de ces actes. Nos jeunes qui sont une élite, veulent faire ce pour quoi ils ont été formés, c’est-à-dire dispenser du soin.

Parmi les mesures à envisager, il faut trouver une solution à ce fléau des rendez-vous non-honorés, responsabiliser les patients et diminuer la charge administrative des médecins (arrêts de travail courts, absences scolaires, MDPH, etc.). Le Conseil départemental du Nord de l’Ordre des médecins a, d’ailleurs, commandité une étude menée en partenariat avec le CHRU de Lille au sujet de ces «lapins», dont les conclusions sont stupéfiantes, engendrant une perte de chance pour les patients. Les résultats seront publiés très prochainement.

Les instances dirigeantes doivent accorder leur confiance au corps médical, qui ne semble actuellement pas entendu dans ses propositions, pour dispenser des soins de qualité, en toute sécurité pour les patients.

Si le transfert de tâches administratives ne fait pas débat, revalorisons sérieusement les soignants de façon pérenne afin qu’ils soient en capacité d’embaucher du personnel, assistant ou de secrétariat.

C’est au prix de telles réformes que les jeunes médecins reprendront le chemin de l’installation.

Le Conseil départemental assure l’ensemble des confrères de son indéfectible soutien.